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Faits saillants

Crue printanière 2019 : un apport en eau record en 57 ans au sud-ouest du Québec

Un apport en eau record en 57 ans d’observations a alimenté la crue printanière 2019 au sud-ouest du Québec, la fonte et les précipitations du 1er avril au 15 mai ayant causé des inondations majeures pour une deuxième reprise en trois ans. Sur l’Outaouais et Montréal, les 433 mm d’apport en eau reçus excédaient de 191 mm la normale de 1981-2010 et de 35 et 13 mm les précédents maximums enregistrés en 1974 et 2017, eux aussi à l’origine de graves inondations. L’écoulement de cette eau se faisait au ralenti vers le Saint-Laurent, lui aussi saturé par un apport record en provenance de ses tributaires au sud-ouest. De la Montérégie à l’Estrie, les 348 mm reçus surpassaient de 157 mm la normale et de 8 mm le précédent record de 2011, qui avait causé l’inondation de la rivière Richelieu. En Beauce, l’apport de 453 mm observé dans la rivière Chaudière était supérieur de 186 mm à la normale, dépassait de 22 mm le précédent record de 1974 et causait une inondation centenaire. De Lanaudière à Charlevoix, l’apport en eau de 500 mm dépassait de 179 mm la normale, mais était inférieur de 31 mm au record de 2017. Les trois derniers printemps ont ainsi laissé des apports en eau exceptionnels.

La crue printanière de 2019 en chiffres – du 1er avril au 15 mai
423 mm d’apport en eau au sud du Québec
113 mm de plus que l’apport en eau normal de 1981-2010 au sud du Québec
11 mm de plus que l’apport en eau de 2017 au sud du Québec
2 mm de moins que l’apport en eau de 1974 au sud du Québec
2e apport en eau le plus élevé en 57 ans au sud du Québec
1er apport en eau le plus élevé en 57 ans sur l’Outaouais et Montréal
1er apport en eau le plus élevé en 57 ans de la Montérégie à la Beauce
3e apport en eau le plus élevé en 57 ans de Lanaudière à Charlevoix
-1,5 °C anomalie de température moyenne au sud du Québec

Des pluies records à la fin avril se sont ajoutées localement à une fonte tardive, rapide et elle aussi record, pour fournir un apport en eau de 423 mm, en moyenne, au sud du Québec, soit 113 mm de plus que la normale de 1981-2010 et 11 mm de plus qu’en 2017. Cet apport s’est arrêté à 2 mm du record de 1974 en raison, notamment, de pluies moindres que la normale dans l’est de la province. Au total, du 1er avril au 15 mai, il s’agissait de la onzième période de fonte la plus pluvieuse des 57 dernières années, au sud de la province, mais aussi de la douzième plus neigeuse. Sous une anomalie moyenne de température de -1,5 °C du 1er avril au 15 mai, le couvert de neige a ainsi été préservé par le froid. Troisième plus chargé en eau à la fin mars, il est passé à un niveau record à la mi-avril. La fonte record enregistrée à compter de la fin avril a concordé avec des pluies records, les grandes marées et les vents, causant des inondations plus dommageables qu’en 2017 et des dégâts évalués à 127 millions de dollars.

Chronologie des événements

La crue printanière est ici détaillée en trois temps : de la fin mars à la mi-avril, de la mi-avril à la fin avril, puis de la fin avril à la mi-mai. Des cartes illustrent l’importance de l’apport des deux plus grandes sources d’eau à la crue printanière, soit la pluie et la fonte, pour chaque période nivométrique. Les cartes montrent l’anomalie, soit l’écart à la normale, plutôt que le total observé : les couleurs les plus vives permettent donc de repérer rapidement les zones les plus touchées par une situation anormale. Les secteurs teintés de rouge sont alimentés par un excès d’eau, alors que les secteurs teintés de bleu reçoivent des quantités sous la normale, laquelle est en blanc. L’échelle de couleurs est la même pour toutes les images. On peut ainsi distinguer rapidement les anomalies dominantes en localisant les couleurs les plus intenses. Finalement, l’étendue du couvert de neige à la fin de la période est montrée par la zone texturée de petites croix gris pâle sur les cartes de pluie.

Fin mars à la mi-avril
Pluie (anomalie, mm) Fonte (anomalie, mm)
pluie anomalie fin mars fonte anomalie fin mars
La pluie est près de la normale, en moyenne, mais bat ou approche les records locaux en Outaouais et dans les Laurentides, alors que la fonte est anormalement faible. Le couvert de neige continue même à se charger, au lieu de fondre. Le froid et les précipitations font passer le contenu en eau du couvert de neige du troisième plus important pour la fin mars à un niveau record pour la mi-avril. Les réservoirs sont vidés au plus bas niveau possible, en prévision de cette quantité d’eau de fonte record à venir.

 

Mi-avril à la fin avril
Pluie (anomalie, mm) Fonte (anomalie, mm)
pluie anomalie fin mars fonte anomalie fin mars
En plus d’une quantité d’eau de fonte exceptionnelle dans l’extrême sud, il tombe près de deux fois la pluie normale et 40 % plus de pluie qu’à la même période en 2017, en moyenne, au sud. Malgré des efforts concertés pour retenir ou détourner la crue des eaux et pour en limiter les impacts dans l’extrême sud, des inondations majeures surviennent. Sur le Témiscamingue, l’Outaouais, les Laurentides et Montréal, la pluie est encore plus anormale que la fonte, pourtant elle-même très abondante. Au sud-ouest du Saint-Laurent et dans le bassin de la rivière Chaudière, l’anomalie de l’eau de fonte est deux à trois fois plus importante que celle de la pluie, malgré des quantité de pluie records en plus de cent ans dans plusieurs localités. Le couvert de neige à la tête des bassins au nord du Saint-Laurent demeure chargé en eau, à un niveau record pour la fin avril, et annonce une fonte à venir toujours record pour mai.

 

Fin avril à la mi-mai
Pluie (anomalie, mm) Fonte (anomalie, mm)
pluie anomalie fin mars fonte anomalie fin mars
Au début du mois de mai, alors que les réservoirs sont remplis à pleine capacité, des pluies près de la normale dans le bassin de l’Outaouais et anormalement élevées au sud-ouest du Saint-Laurent s’ajoutent à une fonte record en 57 ans pour le début de mai. La décrue est donc très lente et les inondations se prolongent dans l’extrême sud. Dans l’est de la province, la fonte est accompagnée de faibles pluies et d’un écoulement sans encombre.

 

Apports en eau printaniers : trois tops 10 consécutifs, une indication du climat futur?

En 2017, puis de nouveau en 2019, l’apport en eau printanier a été le plus abondant observé sur l’Outaouais et Montréal. En 2014, il se classait au deuxième rang, alors qu’en 2013, il était au quatrième rang du moment. On a ainsi fait face, en sept ans, à quatre des sept plus importants apports en eau des 57 dernières années sur cette région hydrographique, chacun surpassant le précédent. En moyenne au sud de la province, l’apport en eau a atteint deux fois en trois ans une quantité qui n’avait été surpassée auparavant qu’une seule fois en 54 ans. Les apports en eau des printemps 2017, 2018 et 2019 se classent parmi les 10 plus abondants.

Bien que cette séquence semble particulière, elle n’est pas unique. En effet, la décennie 1970 a aussi offert une séquence semblable, les apports printaniers de 1972, 1973 et 1974 ayant donné ce qui était au 20e siècle les premier, quatrième et neuvième plus forts apports en eau historiques au sud du Québec.

Pour les moyens et les grands bassins versants du sud du Québec, comme ceux de la rivière des Outaouais ou de la rivière Richelieu, une amplification des crues printanières les plus extrêmes est en effet indiquée, pour un certain temps, à moyen terme, par plusieurs simulations du climat futur réalisées par Ouranos, mais pas par la majorité de ces simulations. Toutefois, à l’horizon 2100, l’occurrence de telles crues n’est pas exclue, mais elle deviendrait moins probable, puisqu’un futur plus chaud entraînerait une baisse du couvert de neige. Ainsi, les situations où de fortes pluies coïncident avec une forte fonte se feraient plus rares. Par contre, pour les petits bassins versants de petite taille, une échelle associée au drainage urbain, l’augmentation prévue de l’intensité des pluies causerait une amplification des crues. Pour obtenir de l’information spécifique à un cours d’eau, on peut consulter l’Atlas hydroclimatique du Québec méridional.

Pluie totale (mm)
Apport en eau potentiel total (mm)
Apport en eau potentiel - Pourcentage de la normale (%)
Équivalent en eau du couvert de neige au sol (mm)

Sommaire annuel géostatistique pour le Québec

Crue printanière 2019
(du 1er avril au 15 mai)
Température Apport en eau1
Fonte2 Précipitations3 Total
Moyenne
(°C)
Anomalie
(°C)
Moyenne
(mm)
Anomalie
(mm)
Moyenne
(mm)
Anomalie
(mm)
Moyen
(mm)
Anomalie
(mm)
Saint-Laurent sud-ouest
Montérégie,
Centre-du-Québec, Estrie
6 -1,5 153 94 196 75 349 169
Outaouais et Montréal
Témiscamingue, Outaouais, Laurentides
4 -2,0 230 102 185 89 415 191
Saint-Laurent nord-ouest
Lanaudière, Mauricie,
Capitale-Nationale
2 -2,1 325 109 175 49 500 158
Saint-Laurent sud-est
Chaudière-Appalaches,
Bas-St-Laurent, Gaspésie (nord)
3 -1,6 274 73 155 39 429 112
Baie-des-Chaleurs et Percé
Bas-St-Laurent (sud), Gaspésie (sud)
2 -0,5 284 72 135 25 424 97
Saguenay–Lac-Saint-Jean 1 -1,9 296 54 136 34 432 88
Côte-Nord 0 -0,8 316 44 104 -11 420 33
* Sud du Québec 1 -1,5 288 75 132 38 423 113

1 L’apport en eau correspond à la somme de la fonte et des précipitations.
2 La fonte est déterminée par le contenu en eau du couvert de neige au sol à la fin mars.
3 La pluie représente 75 % des précipitations à cette période de l’année, en moyenne, au sud de la province, et davantage dans l’extrême sud. La neige printanière est ajoutée au total des précipitations printanières et non au total de fonte, pour simplifier les calculs.

Historique des apports en eau printaniers – sud du Québec et régions du sud-ouest

Année Apport en eau du 1er avril au 15 mai (mm)1
Sud du Québec Outaouais
et Montréal
Saint-Laurent
nord-ouest
Saint-Laurent
sud-ouest
Chaudière
2019 423 433 500 348 453
2018 358 285 366 266 348
2017 412 420 531 306 408
2016 308 282 368 137 203
2015 339 287 331 234 311
2014 388 368 416 324 366
2013 325 321 327 137 218
2012 243 115 212 135 149
2011 353 273 354 340 381
2010 230 164 270 146 210
2009 346 261 346 170 297
2008 394 320 435 282 424
2007 253 153 246 183 301
2006 331 233 369 144 169
2005 347 244 355 201 315
2004 352 250 348 177 255
2003 273 198 259 185 250
2002 344 300 364 201 281
2001 273 235 293 238 285
2000 279 191 289 241 279
1999 302 245 323 93 184
1998 216 163 255 117 203
1997 363 358 468 236 320
1996 322 303 341 264 332
1995 296 175 279 105 168
1994 341 279 342 297 365
1993 306 226 300 267 285
1992 303 282 307 174 231
1991 319 259 339 195 323
1990 286 223 284 158 191
1989 294 227 335 177 265
1988 276 241 316 164 224
1987 212 153 166 107 141
1986 276 198 281 108 168
1985 282 281 333 169 245
1984 329 293 367 242 388
1983 366 278 374 264 332
1982 323 245 327 254 360
1981 342 271 332 161 207
1980 282 214 237 141 143
1979 315 306 304 147 229
1978 329 294 336 295 331
1977 257 270 343 155 291
1976 317 236 353 243 341
1975 277 275 326 218 312
1974 425 398 521 294 431
1973 340 232 325 168 246
1972 363 349 401 280 380
1971 327 310 372 332 331
1970 298 301 370 288 318
1969 372 284 416 339 396
1968 264 143 218 88 134
1967 276 268 270 177 205
1966 282 200 291 154 229
1965 237 217 195 136 133
1964 291 224 273 187 232
1963 266 218 260 293 342

1 Les 10 plus grandes valeurs de chaque colonne sont colorées en rouge, alors que les 10 valeurs les plus basses sont colorées en bleu. Plus la valeur est extrême, plus la teinte est foncée.

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